
Or 18 carats, or 9 carats... ces mentions se trouvent sur l'étiquette de la plupart des bijoux en or, mais leur différence reste souvent mal comprise. Il ne s'agit pas d'une simple question de gamme ou de style : c'est la composition même du métal qui change, avec des conséquences concrètes sur l'aspect, la tenue dans le temps et le prix du bijou. Voici ce qu'il faut savoir, et pourquoi l'atelier travaille exclusivement l'or 18 carats.
Que signifie le carat pour l'or ?
L'or pur (24 carats) est un métal trop mou pour être travaillé seul en joaillerie : il se raye et se déforme trop facilement. Il est donc systématiquement allié à d'autres métaux (cuivre, argent, palladium selon la couleur recherchée) pour lui donner de la tenue. Le nombre de carats indique simplement la proportion d'or pur contenue dans cet alliage :
- L'or 18 carats contient 75 % d'or pur (750 millièmes) pour 25 % d'autres métaux.
- L'or 9 carats contient 37,5 % d'or pur (375 millièmes) pour 62,5 % d'autres métaux.
Un bijou en or 9 carats contient donc deux fois moins d'or véritable qu'un bijou en or 18 carats de même poids.
Ce que cette différence change sur le bijou
Avec presque deux fois plus d'or, l'or 18 carats a une couleur plus chaude et plus soutenue, et un aspect généralement perçu comme plus qualitatif. L'or 9 carats, plus dilué, présente une teinte plus pâle, un peu moins lumineuse, en particulier en or jaune.

Un métal plus dur, mais aussi plus cassant
La proportion importante d'alliage dans l'or 9 carats le rend certes plus dur que l'or 18 carats : il résiste un peu mieux aux rayures de surface. Mais dureté ne veut pas dire solidité. Cette forte teneur en métaux non précieux rend surtout l'or 9 carats plus rigide et moins souple : il absorbe mal les petits chocs et les légères déformations du quotidien, et se fissure ou casse plus facilement que l'or 18 carats, en particulier aux endroits les plus sollicités d'un bijou comme les anneaux de bague fins ou les fermoirs. C'est d'ailleurs ce que l'on constate régulièrement en atelier sur des pièces en or 9 carats apportées en réparation : des bagues fendues ou des fermoirs cassés, alors que l'or 18 carats, plus souple grâce à sa teneur bien plus élevée en or pur, encaisse mieux ce type de contraintes sans se rompre.
À cela s'ajoute un vieillissement moins favorable : la part importante de métaux non précieux dans l'or 9 carats le rend plus sensible à l'oxydation au contact de la transpiration, de l'humidité ou des produits du quotidien (crèmes, parfums). Avec les années, le bijou peut ternir, perdre de son éclat et nécessiter un polissage plus fréquent chez un professionnel pour retrouver son aspect d'origine. Sa composition expose aussi davantage aux réactions cutanées chez les peaux sensibles, certains alliages utilisés en 9 carats pouvant contenir du nickel.
C'est également un métal moins adapté aux travaux de joaillerie fine : un sertissage délicat, des griffes fines retenant une pierre, ou des finitions travaillées demandent un métal qui garde à la fois de la tenue et une certaine capacité à être précisément façonné et à résister dans la durée, ce que l'or 18 carats permet bien mieux que l'or 9 carats.
Le prix : une bonne affaire, vraiment ?
À poids égal, l'or 9 carats coûte logiquement moins cher, puisqu'il contient deux fois moins d'or. Mais le prix d'un bijou ne se résume pas au poids de métal précieux : la conception, la fabrication et le sertissage représentent une part du prix qui ne varie pas avec le titrage de l'or. Résultat, à design comparable, l'écart de prix entre une pièce en 9 carats et une pièce en 18 carats est souvent inférieur à l'écart réel de quantité d'or qu'elles contiennent : on paie, en proportion, plus cher le gramme d'or véritablement présent dans un bijou en 9 carats. Le prix d'appel plus bas d'une pièce en 9 carats ne reflète donc pas toujours une meilleure valeur, une fois ramené à la quantité d'or réellement offerte.
Pourquoi l'atelier travaille exclusivement l'or 18 carats
Chez Lorea, tous les bijoux sont fabriqués en or 18 carats, sans exception. Ce choix correspond à une conviction simple : préférer un bijou qui traverse les années sans perdre de sa couleur ni de son éclat, plutôt qu'une pièce dont le prix d'achat paraît plus attractif mais qui vieillira moins bien et demandera plus d'entretien. Un bijou de joaillerie, a fortiori lorsqu'il est destiné à être transmis, mérite d'être fabriqué dans un matériau à la hauteur de cette durée de vie.
